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Haut-Uélé: Les entrepreneurs locaux s’en prennent sans motif valable au Directeur pays de Kibali Gold Mines, Cyril Mutombo La colère gronde dans la province du Haut-Uélé.

Les entrepreneurs locaux, regroupés au sein de leur corporation, accusent le Directeur pays de Kibali Gold Mines, Cyril Mutombo, de leur refuser des contrats de sous-traitance. Pourtant, la réalité est plus complexe: aucun contrat ne peut être signé sans que les entreprises privées ne remplissent les conditions légales fixées par l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance. Derrière cette tension, se joue un débat crucial sur l’avenir de l’entrepreneuriat local et la place des sociétés minières dans le développement provincial. Une colère mal orientée Depuis plusieurs semaines, les entrepreneurs du Haut-Uélé multiplient les critiques contre le Directeur pays de Kibali Gold Mines. Ils reprochent à la société minière de ne pas leur accorder de contrats de sous-traitance, estimant que leur corporation devrait bénéficier d’un accès privilégié. Mais cette revendication, bien que légitime dans son intention de promouvoir l’économie locale, se heurte à une réalité juridique incontournable: la sous-traitance est strictement encadrée. Avant de prétendre à un contrat, toute entreprise privée doit prouver qu’elle est en règle auprès de la Direction provinciale de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance. Ce passage est obligatoire et garantit que seules les sociétés respectant les normes légales et financières puissent collaborer avec les grandes compagnies minières. Accuser directement le directeur pays de Kibali Gold Mines revient donc à ignorer ce processus institutionnel. Les conditions de la sous-traitance La loi congolaise sur la sous-traitance impose des critères précis: – Capacité financière suffisante pour exécuter les travaux. – Conformité administrative, incluant l’immatriculation et les autorisations légales. – Compétence technique avérée dans le domaine concerné. – Validation par l’Autorité de Régulation avant toute signature de contrat. Ce n’est qu’après avoir rempli ces conditions que les entreprises peuvent se tourner vers Kibali Gold Mines pour négocier des opportunités. Une société minière déjà engagée Il serait injuste de passer sous silence les efforts déjà consentis par Kibali Gold Mines en faveur de l’entrepreneuriat local. La société a multiplié les initiatives pour intégrer des prestataires congolais dans ses opérations, favorisant ainsi la création d’emplois et le transfert de compétences. Plusieurs petites et moyennes entreprises locales ont pu bénéficier de contrats, preuve que la porte n’est pas fermée, mais conditionnée au respect des règles. La corporation des entrepreneurs du Haut-Uélé doit aussi faire son examen de conscience. Revendiquer des contrats sans se conformer aux exigences légales revient à fragiliser leur propre crédibilité. La transparence et l’honnêteté sont essentielles: reconnaître que Kibali Gold Mines a déjà contribué au développement local est un premier pas vers un dialogue constructif. Plutôt que de s’attaquer à une personne, en l’occurrence le directeur pays, il serait plus judicieux de renforcer leurs capacités internes, de se mettre en règle et de présenter des dossiers solides. C’est à ce prix que leurs désidératas trouveront des réponses appropriées. Un enjeu de développement provincial Au-delà de la polémique, cette affaire révèle un enjeu plus large: celui de l’intégration des entrepreneurs locaux dans les grandes chaînes de valeur. Le Haut-Uélé, riche en ressources minières, ne peut se développer durablement sans une participation active de ses acteurs économiques. Mais cette participation doit s’inscrire dans un cadre légal et transparent, garantissant à la fois la compétitivité et la crédibilité des entreprises locales. Certes, la colère des entrepreneurs du Haut-Uélé contre Kibali Gold Mines est compréhensible, mais mal orientée. Le véritable obstacle n’est pas la société minière, mais le respect des conditions légales de la sous-traitance. Plutôt que de pointer du doigt un individu, les entrepreneurs gagneraient à se conformer aux règles et à renforcer leur professionnalisme. Kibali Gold Mines, de son côté, est toujours déterminée à poursuivre ses efforts pour soutenir l’économie locale. Le dialogue, basé sur la transparence et le respect des normes, reste dès lors la clé pour transformer cette tension en opportunité de développement partagé. Le Climat Tropical

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