La Fondation Kinalegu hausse le ton face au processus annoncé de délocalisation des populations affectées par les activités de Giro Gold dans la chefferie de Mariminza, en territoire de Watsa province du haut-uele au nord-est de la république démocratique du Congo.
Son président, Florentin Tigine Kinalegu, demande à l’entreprise minière de conduire toute opération de délocalisation dans le strict respect de la législation congolaise, des droits humains et des intérêts des communautés concernées.
Pour cette organisation, aucune délocalisation ne devrait être menée sous la pression, l’intimidation ou l’influence de responsables politiques. Le processus, insiste-t-elle, doit être transparent, documenté et participatif, notamment en ce qui concerne l’évaluation des biens, l’indemnisation, la compensation et la réinstallation des personnes affectées.
Florentin Tigine Kinalegu rappelle les événements survenus à Giro en 2012, qu’il présente comme un précédent marqué, selon lui, par de graves atteintes aux droits humains, notamment des pertes en vies humaines, des tirs à bout portant et des actes d’intimidation.
Sur cette base, la Fondation Kinalegu appelle Giro Gold à éviter toute répétition de situations susceptibles de provoquer de nouvelles tensions entre l’entreprise et les communautés locales.
« Nous mettons la société Giro Gold en garde contre toute éventuelle collaboration avec des politiciens qui viserait à intimider les populations dans l’exercice de leurs droits », affirme Florentin Tigine Kinalegu.
Il plaide plutôt pour un processus fondé sur le dialogue, la transparence et le respect des procédures prévues par la législation minière.
La Fondation Kinalegu par le biais de son président, dignitaire d’état Florentin Tigine Kinalegu insiste particulièrement sur la question de l’indemnisation et de la réinstallation des populations affectées.
Selon elle, les personnes concernées doivent être informées de leurs droits et bénéficier d’un processus transparent permettant d’établir clairement les biens concernés, les montants d’indemnisation et les conditions de réinstallation.
Le Code minier révisé par la Loi n°18/001 du 9 mars 2018, notamment son article 281, prévoit des mécanismes d’indemnisation liés à l’occupation et à la modification des terrains. Le Règlement minier révisé de 2018, à travers son Annexe XVIII, encadre également les questions relatives à la délocalisation, à l’indemnisation, à la compensation, au déplacement et à la réinstallation des communautés affectées par les projets miniers.
Le président de la Fondation Kinalegu évoque également la situation des habitants d’Avokala et Mege, dans le contexte des activités de Kibali Gold Mine.
Il affirme que ces communautés continuent de faire face à des difficultés et dénonce ce qu’il considère comme des promesses non réalisées.
« Aujourd’hui, les habitants d’Avokala et de Mege souffrent sur base de mensonges et de promesses non réalisées par la société Kibali Gold Mine. Que cette même histoire ne se répète plus à Giro », déclare-t-il.
Ces affirmations relèvent de la position de la Fondation Kinalegu et appellent, le cas échéant, à une confrontation avec les réponses et les éléments documentaires des entreprises concernées.
Florentin Tigine Kinalegu demande également que les droits des populations autochtones de la chefferie de Mariminza soient pleinement pris en compte dans le processus.
Il appelle les autorités provinciales à jouer leur rôle de garant de l’ordre public et de la protection des droits des citoyens, afin que la délocalisation ne soit pas une source de confrontation.
Pour la Fondation Kinalegu, l’objectif doit être d’éviter toute violence et de garantir un processus pacifique, conforme aux textes légaux et respectueux de la dignité des communautés.
« Nous ne voulons pas entendre parler de pertes en vies humaines cette fois-ci. Que la paix règne et que le respect des droits humains soit la règle d’or », conclut Florentin Tigine Kinalegu.
À Giro, l’enjeu dépasse donc la seule question de la délocalisation : il porte également sur la manière dont celle-ci sera conduite, sur la transparence des indemnisations et sur la capacité des différents acteurs à prévenir les tensions avec les communautés affectées.
Par Christophe Onzonono



