Une vive controverse prend de l’ampleur dans le territoire de Watsa autour d’une ambulance présentée comme destinée à renforcer les capacités de la Zone de santé locale. Le véhicule aurait cependant été aperçu en direction d’Isiro, une situation qui soulève de sérieuses interrogations sur sa destination et sur les conditions dans lesquelles son déplacement aurait été décidé.
Face à cette situation, la Société civile révolutionnaire de Watsa, par la voix de son coordonnateur Pitshou Mumbuya, exige des explications précises des autorités et des parties impliquées. Pour cette structure citoyenne, il ne peut être question de laisser planer le moindre doute sur l’utilisation d’un équipement médical destiné, selon les informations rapportées, à répondre aux besoins sanitaires de la population de Watsa.
L’alerte aurait été donnée dans la matinée de ce samedi 17 octobre par des habitants du secteur de Ngangazo, dans la chefferie de Mari-Minza. Ceux-ci auraient aperçu une ambulance en circulation en direction de la ville d’Isiro.
L’information, relayée auprès de la Société civile révolutionnaire de Watsa, a immédiatement suscité des interrogations. Si le véhicule concerné est bien celui annoncé comme destiné à la Zone de santé de Watsa, la question de sa destination effective se pose avec insistance.
Pourquoi cette ambulance se serait-elle retrouvée sur l’axe menant vers Isiro ? Sa destination a-t-elle été officiellement modifiée ? Si oui, par quelle autorité, pour quelles raisons et sur la base de quel document ?
Pour Pitshou Mumbuya, le dossier ne peut pas être traité par le silence ou par de simples explications informelles. Il appelle les autorités provinciales, les responsables sanitaires concernés ainsi que la direction de Kibali Gold Mines à apporter une clarification officielle et documentée.
La Société civile veut notamment savoir si l’ambulance a effectivement été affectée à la Zone de santé de Watsa, si elle a changé de destination et, dans ce cas, qui a autorisé cette modification.
L’enjeu dépasse donc la seule question du déplacement d’un véhicule. Il concerne la traçabilité d’un équipement sanitaire, la transparence dans la gestion des appuis destinés aux communautés et le respect de la destination annoncée d’un bien présenté comme répondant à un besoin local.
Dans un contexte où l’accès aux soins demeure une préoccupation importante pour les populations rurales, une ambulance n’est pas un équipement ordinaire. Elle peut permettre l’évacuation urgente de patients, notamment depuis des structures sanitaires éloignées vers des établissements disposant de capacités de prise en charge plus importantes.
Dès lors, toute modification de son affectation, si elle est avérée, devrait pouvoir être expliquée de manière transparente aux communautés concernées.
La Société civile révolutionnaire de Watsa estime ainsi que les autorités ont le devoir de dissiper rapidement les soupçons. Elle demande que soient établis les faits : où se trouve exactement l’ambulance, à quelle structure est-elle officiellement affectée, qui en assure la gestion et quelle décision administrative ou sanitaire justifie son éventuel déplacement vers Isiro ?
Pitshou Mumbuya met donc les autorités au pied du mur : il demande que la lumière soit faite sur cette affaire et que les responsabilités soient clairement établies si une irrégularité venait à être confirmée.
La Société civile insiste sur un principe simple : lorsqu’un équipement sanitaire est annoncé comme destiné à une communauté, sa destination et son utilisation doivent pouvoir être vérifiées et expliquées publiquement. Toute opacité alimente inévitablement les suspicions et fragilise la confiance entre la population, les autorités et les partenaires qui apportent leur soutien au secteur de la santé.
La question reste donc entière, l’ambulance destinée à la Zone de santé de Watsa est-elle réellement en route vers Isiro, et si tel est le cas, qui a décidé de ce changement de destination et pour quelle raison ?
Par Christophe Onzonono



