Face à la dégradation de la situation politique et sécuritaire, l’honorable Grâce Neema Paininye, questeure adjointe de l’Assemblée nationale et élue du territoire d’Ango dans la province du Bas-Uélé (Grande Orientale), a brisé le silence. Lors d’une conférence de presse organisée au Restaurant 19 situé sur l’avenue du Cercle dans la commune de la Gombe, le parlementaire a fermement condamné la décision de l’ancien président Joseph Kabila de prendre la direction d’une nouvelle coalition armée.
Cette réaction intervient immédiatement après l’officialisation à Goma de la création du Front pour la Refondation de la Nation –FRN-, un mouvement politico-militaire dirigé par Joseph Kabila qui succède à l’alliance rebelle de l’AFC/M23 et revendique ouvertement l’usage de la force contre les institutions de Kinshasa.
S’exprimant avec clarté au nom de ses électeurs et de sa région, l’élue de la Grande Orientale a rejeté en bloc cette démarche belliqueuse:
«Je condamne avec la plus grande fermeté le recours à la confrontation armée comme moyen de conquête du pouvoir politique. Dans un pays déjà profondément meurtri par plusieurs décennies de guerre, toute initiative susceptible d’entraîner une nouvelle escalade militaire doit être énoncée avec la plus grande clarté.», a-t-elle déclaré.
Pour Grâce Neema Paininye, dont le mandat reste marqué par son engagement constant pour la restauration de la paix et de l’autorité publique, la quête de solutions pour la République démocratique du Congo ne peut plus tolérer l’usage des armes. Elle insiste sur le fait que cette réprobation ne souffre d’aucune exception, martelant que «cette condamnation s’applique à tous les acteurs politiques, quels que soient leur parcours, leurs responsabilités passées ou leurs ambitions présentes.»
En tant que représentante d’une province frontalière et régulièrement exposée aux crises sécuritaires et humanitaires, la questeure adjointe de l’Assemblée nationale rappelle que le peuple congolais a déjà payé un tribut trop lourd aux conflits cycliques.
Alors que la création du FRN est une onde de choc au sein de la classe politique congolaise et menace de fragiliser de manière irréversible les processus de paix en cours, la position exprimée par Grâce Neema Paininye réaffirme le choix d’un leadership parlementaire rigoureux, tourné vers le cadre juridique et le dialogue institutionnel plutôt que vers la violence des maquis.
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L’INTEGRALITE DE LA COMMUNICATION DE L’HONORABLE GRÂCE NEEMA PAININYE/QUESTEURE ADJOINTE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Mesdames et Messieurs de la presse, Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie d’avoir répondu avec promptitude à notre invitation.
Après l’annonce gravissime faite par le Président honoraire Joseph Kabila, de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire dénommé Front pour la Refondation de la Nation FRN en sigle, j’ai tenu à donner ce jour ma position en tant qu’Elue de la Grande orientale.
Je condamne avec la plus grande fermeté le recours à la confrontation armée comme moyen de conquête du pouvoir politique. Dans un pays déjà profondément meurtri par plusieurs décennies de guerre, toute initiative susceptible d’entraîner une nouvelle escalade militaire doit être dénoncée avec la plus grande clarté.
Cette condamnation s’applique à tous les acteurs politiques, quels que soient leur parcours, leurs responsabilités passées ou leurs ambitions présentes.
Le cas de Joseph Kabila interpelle particulièrement. Après avoir exercé les plus hautes fonctions de notre République pendant près de dix-huit années, il lui appartient de mesurer les conséquences politiques, sécuritaires et humaines d’un engagement au sein d’une organisation politico-militaire.
Un ancien Chef de l’État doit être un artisan de paix, pas de guerre.
Notre pays a déjà trop souffert. Les populations de l’Est ont déjà payé un prix humain considérable. Aucune divergence politique ne devrait justifier que de nouvelles familles congolaises soient endeuillées, que des enfants soient déplacés ou que des communautés soient plongées dans une nouvelle tragédie.
Mesdames et Messieurs,
Un ancien Chef de l’État porte une responsabilité particulière devant son pays et devant l’histoire. Après avoir exercé les plus hautes fonctions de la
République, il conserve une expérience qui peut contribuer à la résolution des crises, au dialogue et à la stabilité nationale.
Des personnalités comme Olusegun Obasanjo du Nigeria, Catherine Samba- Panza de la République centrafricaine, John Agyekum Kufuor du Ghana ou Macky Sall du Sénégal ont, à différentes étapes de leur parcours, participéàdes initiatives de dialogue ou de diplomatie.
Ces expériences montrent qu’il existe, pour les anciens dirigeants, d’autres voies que la confrontation armée pour continuer à contribuer à la vie publique.
Je voudrais particulièrement attirer votre attention sur la mémoire douloureuse de Kisangani.
En juin 2000, notre pays a connu, dans cette ville, la tragédie de la guerre de Six Jours, marquée par des affrontements entre les armées rwandaise et ougandaise.
Des familles ont perdu leurs proches. Des biens ont été détruits. Des communautés entières ont été durablement affectées.
Plus de vingt-six ans après, les victimes et leurs ayants droit continuent d’attendre la pleine réparation des préjudices subis. Le processus d’indemnisation engagé à travers le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, le FRIVAO, rappelle que les conséquences de la guerre ne prennent pas fin lorsque les armes se taisent.
La Grande Orientale ne doit pas revivre les tragédies du passé. Kisangani ne doit pas connaître une nouvelle guerre.
Je souhaite également attirer l’attention de nos partenaires internationaux, particulièrement les États-Unis d’Amérique, ainsi que de l’Union africaine, des Nations unies et des autres acteurs engagés dans les efforts de paix.
Les initiatives diplomatiques doivent produire des résultats concrets : la prévention des hostilités, la protection des populations civiles, le respect des engagements de paix et la sauvegarde de la souveraineté congolaise.
Notre pays a besoin d’une paix durable, fondée sur le droit, la justice et la sécurité des populations.
Sur le plan national, les institutions de la République ont la responsabilité de défendre l’intégrité territoriale et d’assurer la protection des citoyens. Le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo exerce, en sa qualité de Chef de
l’État et de commandant suprême des Forces armées, des responsabilités constitutionnelles essentielles à cet égard.
Les Forces armées de la République démocratique du Congo, la Police nationale congolaise et les autres services de sécurité doivent disposer des moyens nécessaires pour remplir leurs missions dans le respect de la Constitution et des droits humains.
La défense de notre territoire et la protection de nos populations constituent une responsabilité nationale qui dépasse les appartenances politiques.
J’invite chacunàmesurer la gravité de la situation et à rejeter les discours de haine, les divisions communautaires ainsi que toute forme d’incitation à la violence.
Nos divergences politiques peuvent être profondes. Elles doivent néanmoins trouver leur expression dans les institutions, dans le débat démocratique et dans les mécanismes prévus par la Constitution.
La République démocratique du Congo appartient à tous ses citoyens. Sa paix et son intégrité territoriale doivent rester au-dessus des intérêts particuliers.
Mesdames et Messieurs,
Les responsabilités publiques sont temporaires. Les blessures laissées par la guerre, elles, peuvent durer toute une vie. Un ancien Chef de l’État doit être un artisan de paix, pas de guerre.
Je vous remercie.
Honorable Grâce NEEMA PAININYE



