
Depuis quelques semaines, des oiseaux de mauvais augure distillent dans l’opinion publique, des fausses informations selon lesquelles certains postes frontaliers, ne rempliraient plus leur mission comme il se doit. Cette campagne vise particulièrement le poste frontalier de la DGDA/Lufu et son sous-Directeur, Corneille Muzome. A ce dernier il lui est reproché de minorer les frais de douane, de faciliter la fraude douanière avec la contrebande qui aurait atteint des dimensions inquiétantes à travers le dédouanement nocturne des certaines marchandises, l’utilisation du transbordement de certains colis en provenance de l’Angola, la présence des agents de l’Etat qui se font passer pour des déclarants en douane, etc.
Et ces détracteurs de soutenir que ces antivaleurs seraient à la base de la diminution drastique des recettes douanières. Ce qui est faux !
Des contingences à prendre en compte
Au terme d’une enquête réalisée sur place, il a certes été noté la baisse des recettes douanières, dues à des facteurs non évoqués par ces détracteurs. Il s’agit notamment des causes qui dépassent le cadre limité du poste frontalier de Lufu. Comme on le sait, le fonctionnement dudit poste frontalier est tributaire des contingences qui sollicitent l’intervention aussi bien de la Direction générale que des autorités étatiques. Car, l’ordre opérationnel découlant des décisions gouvernementales liées particulièrement à la gestion des frontières ne concerne pas un seul service mais plutôt plusieurs services étatiques reconnus et autorisés à travailler dans différents poste frontaliers. Ces services sont : la Direction générale des Douanes et Accises, l’Office congolais de contrôle, la Police des frontières. Il y a également, ne l’oublions pas, l’Agence nationale des renseignements et la DEMIAP.
Dans l’ordre opérationnel, ces services se réunissent régulièrement pour faire l’évaluation du travail de gestion des flux frontaliers, identifier les problèmes qui se posent, et rechercher ensemble des solutions appropriées.
Dans ce cadre, un poste frontalier fait de son mieux pour minimiser les défaillances, en l’occurrence la fraude tant des personnes que des biens qui passent d’un côté comme de l’autre. Cependant, pour bien fonctionner et produire des résultats escomptés, tout poste frontalier doit disposer des effectifs des agents et des moyens adéquats. Ce qui n’est souvent pas le cas.
Des effectifs insuffisants sur des frontières poreuses
Avec 2.345.000 Km² et donc 900km des frontières communes avec neuf pays voisins, notre pays dispose des frontières très poreuses. Les effectifs des agents mobilisés pour contrôler ces frontières s’avèrent souvent insuffisants et les moyens mis à leur disposition sont dérisoires. Normalement à chaque 5km, il faudrait un dispositif sécuritaire composé des militaire et policiers des frontières pour la surveillance. Ce qui n’est généralement pas le cas. Il existe dès lors de postes frontaliers très éloignés les uns des autres difficilement contrôlables, ce qui favorise des entrées et des sorties non contrôlées des personnes ainsi que des marchandises.
Comment dès lors attribuer une faiblesse de fonctionnement à un individu ou un groupe d’individus du moment que tous les services frontaliers travaillent avec les moyens de bord qui ne répondent pas à l’immensité de la mission à accomplir.
Concernant spécifiquement la DGDA/Lufu, il est difficile de placer des agents à chaque mètre des frontières. Cela explique la sortie frauduleuse des produits. Malgré cet inconvénient, il est arrivé aux agents de la DGDA/Lufu d’intercepter dernièrement cinq véhicules en provenance de l’Angola qui tentaient de traverser frauduleusement les frontières de la RDC à travers le poste de Kanga Nguvu. Saisis, ces véhicules sont présentement consignés dans les entrepôts de l’Agence en douane Pacific Trading. Mais, le travail de la douane comme celui de tous les fonctionnaires de l’Etat s’arrête normalement à 16h00’. Au-delà de 18h, ce sont d’autres services tels que la police des frontières ou la DGM qui doivent veiller à ce qu’il n’y ait pas des entrées clandestines.
Par ailleurs, le dédouanement officiel des marchandises s’arrête à 18h00’ sauf des cas exceptionnels où les équipements ont connu quelques problèmes techniques. Dès lors, il est faux de soutenir que la DGDA/Lufu travaillerait la nuit pour faciliter la fraude.
Pour ce qui est de la baisse des recettes douanières au même poste, l’on note une diminution des marchandises en provenance de l’Angola. Dans ce cas, la sous-direction de la DGDA/Lufu ne peut rien faire puisque le droit des douanes n’est perçu que suivant le volume des marchandises réellement importées.
En outre, la douane angolaise impose un droit de sortie de 20% sur les produits devant transiter par la RDC. A leur entrée en territoire congolais, notre douane applique ses droits d’entrée d’un certain pourcentage. Ce qui est normal pour dissuader ou empêcher l’importation des certains produits en provenance de l’Angola.
Il y a aussi le transbordement des certaines remorques venant de l’Angola pour faire traverser les marchandises à travers les tricycles. Cela ne peut en aucune manière provoquer la baisse des recettes dès lors qu’une fois que ces tricycles fraichissent les frontières nationales, la douane récupère toutes les marchandises, les regroupe et fait la déclaration pour imposer le droit de douane dû à l’Etat.
Ne pas oublier la surtaxe
Bien plus, dans presque tous les postes frontaliers de la RDC, une guerre commerciale est livrée par les pays voisins. Mais, au niveau par exemple de Lufu, il y a une sorte de barrière où les véhicules sont gardés avant leur entrée sur le sol congolais. Au-delà de sept jours, on applique la surtaxe c’est-à-dire une sorte de pénalité pour ces marchandises.
Quoi qu’il en soit, la sous-direction de la DGDA/Lufu travaille d’arrache-pied pour atteindre ses assignations. Malgré des causes ci-dessus évoquées, des dispositions sont prises afin de maximiser les recettes, contrairement aux fausses allégations des esprits malveillants.
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