
Par Jonathan Basimaki à Bunia
L’ancienne députée nationale élue du territoire de Djugu jusqu’en 2023, Tabo Makusi, appelle à l’organisation urgente d’un dialogue inter-iturien afin d’apaiser les tensions et résoudre les crises sécuritaires qui divisent actuellement les communautés locales en Ituri. Elle dénonce également une campagne de diabolisation menée par certains acteurs politiques et estime que la solution durable viendra des échanges internes entre les communautés.
Depuis Kinshasa, l’ancienne élue pointe du doigt une division administrative confuse observée dans la gestion du secteur de Walendu Djatsi (Djatsi-Nord et Djatsi-Sud). Selon elle, cette fragmentation complique l’identification des auteurs des crimes commis dans le corridor Nord, et témoigne de l’extension des exactions miliciennes vers la chefferie de Bahema Badjere.
Tabo Makusi demande à l’Union des Associations Culturelles pour le Développement de l’Ituri (UNADI) d’organiser rapidement un dialogue inter-iturien, une véritable « grande table ronde » où chaque communauté pourrait dire ses vérités et rechercher des solutions consensuelles.
« La poursuite des tueries dévalorise les fils et filles de l’Ituri au niveau national. Voyez comment le sang versé nous affaiblit… Il est temps de penser au développement », a-t-elle déclaré.
S’adressant à certains politiciens ituriens, dont Ngabu Pkarr, ancien collègue député national, l’ex-parlementaire recommande davantage de retenue et de responsabilité. Elle appelle à maîtriser la situation, plutôt qu’à critiquer les autres « dans les bistrots, sans fondements sérieux ».
Tabo Makusi a adressé ses compassions aux habitants de la chefferie de Mambisa (Mabanga, Nizi, Ndookebo…), dans le territoire de Djugu, récemment frappée par de nouvelles violences ayant entraîné des pertes en vies humaines et des dérapages attribués à certains éléments incontrôlés des forces de l’ordre. Pour conclure, l’actrice politique exhorte le gouvernement de la RDC à assumer pleinement ses responsabilités afin de garantir la sécurité des civils dans le territoire de Djugu, victime d’atrocités récurrentes depuis fin 2017.



